Messieurs : il faut se parler des finances au féminin!

La réalité féminine fait en sorte que leurs finances ne suivent pas nécessairement la même trajectoire que celle des hommes.

Voici ce qu’ils devraient savoir pour mieux comprendre le parcours économique de leur conjointe, et leur donner un coup de pouce le cas échéant!

Les hommes ne sont pas toujours conscients des défis auxquels sont confrontées leurs conjointes sur le plan financier. Il ne s’agit pas nécessairement de mauvaise volonté, mais plutôt d’une ignorance des enjeux. Or, ces spécificités auront un impact majeur sur les revenus des femmes, leur épargne, l’accumulation de patrimoine et la retraite.

Cette méconnaissance ne surprend pas la sociologue Hélène Belleau, professeure à l’Institut national de la recherche scientifique et titulaire de la Chaire Argent, inégalités et société.

« Au Québec, 60 % des couples gèrent leur épargne séparément, une proportion qui grimpe à 77 % pour les couples en union de fait », note-t-elle.

Pas étonnant, donc, que la trajectoire économique de la conjointe passe souvent sous le radar de son partenaire. Pour y voir plus clair, voici un bref tour d’horizon de quatre éléments à surveiller tout particulièrement, ainsi que quelques pistes de solution.

Trois pistes de réflexion

Comment faire contrepoids à ces sources d’inégalités?

« Ni le système du prorata des revenus ni prendre davantage de dépenses à sa charge ne suffisent pour compenser les pertes assumées par la conjointe lorsqu’elle prend soin des enfants. Il faut considérer tout le travail non rémunéré qu’elle accomplit », résume Hélène Belleau.

Elle propose trois solutions pour aider à compenser ce déséquilibre.

  1. Faire de l’épargne une dépense commune : concrètement, les épargnes de retraite sont ajoutées aux dépenses communes, qui sont ensuite partagées au prorata des revenus. Ainsi, le conjoint qui gagne le plus participe davantage à l’épargne, ce qui contribue à réduire les disparités et donne une plus grande sécurité financière à la personne qui gagne moins.

  2. Contribuer au REER de sa conjointe : le conjoint cotise au REER de sa partenaire pour mieux équilibrer les revenus à la retraite. Cela n’a pas d’impact sur les droits de cotisation à ses propres REER et, en prime, il bénéficiera d’un crédit d’impôt!

  3. Rédiger une convention de vie commune : les conjoints de fait devraient prévoir une convention de vie commune dans laquelle ils déterminent de quelle façon les actifs seront partagés en cas de séparation. Cette entente permet de répartir le patrimoine de façon plus équitable, afin de tenir compte du parcours de vie et des défis financiers propres aux femmes.

 

[1] Trajectoire économique des femmes, Chantier de l’économie sociale, en collaboration avec la Ligne d’arrivée et le Comité sectoriel de main-d’œuvre – Économie sociale et action communautaire, mars 2026. Graphique disponible ici : https://www.facebook.com/share/p/1AdjqG1uZy/

[2] Les proches aidantes et les proches aidants au Québec – Analyse différenciée selon les sexes, Conseil du statut de la femme, 2018.

[3] Les personnes proches aidantes au Québec en 2018, Institut de ls statistique du Québec.

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