Un contenu présenté par le Fonds de solidarité FTQ
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Un contenu présenté par le Fonds de solidarité FTQ 〰️
L’épargne constitue souvent un enjeu pour les femmes, notamment en raison des interruptions de carrière et d’écarts de rémunérations avec les hommes. Pour les nouvelles arrivantes, la marche est encore plus haute à gravir.
Plusieurs obstacles se dressent sur le chemin des femmes en matière d’épargne, et leurs revenus à la retraite s’en ressentent. Sans surprise, ils sont en moyenne inférieurs de 30 % à ceux des hommes. Les nouvelles arrivantes n’échappent pas à cette tendance, et font même face à des défis supplémentaires.
En voici quatre parmi les plus fréquents, et des pistes de solution.
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Changer de pays nécessite une période d’adaptation. Trouver un logement, un emploi, une école pour les enfants… Tout cela prend du temps et des ressources financières.
« Quand on immigre, on se retrouve généralement en mode dépense, car il faut se loger, se nourrir, se déplacer, se vêtir. Ce n’est pas un manque de volonté de la part des immigrantes, mais plutôt parce qu’elles ne disposent pas de la marge de manœuvre nécessaire pour épargner », constate Rima Chaaban, directrice du Centre de formation économique au Fonds de solidarité FTQ.
Elle ajoute que plusieurs nouvelles et nouveaux arrivants doivent aussi soutenir financièrement leur famille restée au pays, ce qui réduit aussi leur capacité à mettre de l’argent de côté. Par conséquent, l’épargne arrivera plus tard dans leur parcours financier.
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Les différences entre les systèmes financiers du pays d’origine et ceux du pays d’accueil pèsent aussi dans la balance. Comprendre le fonctionnement d’une carte de débit et de crédit, se familiariser avec la cote de crédit et les produits d’épargne, tels que le REER, CELI, CELIAPP et REEE n’est pas une mince affaire, même pour les personnes nées ici!
Rima Chaaban remarque aussi que certains nouveaux arrivants – tant hommes que femmes – ont un « déficit de confiance vis-à-vis les institutions de leur pays d’origine ». Il importe donc d’établir cette confiance envers les institutions financières québécises et canadiennes.
Les pratiques financières peuvent aussi différer grandement, par exemple le recours à des systèmes de prêt ou d'épargne en dehors des institutions traditionnelles dans certains pays, comme des tontines[1].
Elle note enfin que bien souvent, dans le cas d’un couple de nouveaux arrivants, le permis de travail est rattaché à l’homme alors que sa conjointe se retrouve dans une position de soutien. Le conjoint a donc la priorité dans la recherche d’emploi, ce qui retardera l’entrée sur le marché du travail de sa conjointe.
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Selon l’Institut de la statistique du Québec[2], dans la province, les femmes immigrantes sont proportionnellement plus nombreuses à détenir un diplôme universitaire que les femmes et les hommes non immigrants. Or, leur rémunération horaire est plus faible que celles des femmes non immigrantes et des hommes de façon générale.
« Les nouvelles arrivantes sont parmi les plus scolarisées au Québec, mais malheureusement, cela ne se reflète pas sur leurs salaires. Il y a des lacunes importantes en matière de reconnaissance des acquis et des diplômes », déplore Rima Chaaban.
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Les femmes immigrantes se retrouvent souvent à l’intersection de plusieurs inégalités : celles reliées au genre, à l’épargne, au marché du travail et même du temps de cotisation pour pouvoir prétendre aux rentes de retraite gouvernementales.
Ainsi, cotiser moins longtemps au RRQ aura pour effet de réduire le montant de la prestation perçue à la retraite. Quant à la pension de la Sécurité de la vieillesse au fédéral, on doit avoir été résident du Canada pendant au moins 10 ans à partir de ses 18 ans pour pouvoir y prétendre, et il faut avoir résidé au pays pendant 40 ans pour recevoir le plein montant. En deçà de ce nombre, la pension sera calculée au prorata du nombre d’années passées au Canada.
Pour toutes ces raisons, entrer tardivement sur le marché du travail, occuper un emploi pour lequel on est surqualifiée et moins bien payée aura donc nécessairement des répercussions notables sur l’épargne retraite.
En mode solution
Selon Rima Chaaban, une piste de solution consiste à proposer des conseils financiers culturellement adaptés aux nouvelles arrivantes, par exemple par le biais d’ateliers conçus pour répondre à leurs besoins spécifiques.
Le Fonds de solidarité FTQ propose d’ailleurs deux parcours en collaboration avec l’organisme CACI, l’un destiné aux immigrants et l’autre aux demandeurs d’asile.
« Plus tôt on leur parle d’épargne et plus vite elles pourront faire des gains à ce niveau, même quelques dollars sur chaque paye investis automatiquement. Avec des petits succès, on réussit à bâtir de bonnes habitudes », dit-elle.
Elle déplore toutefois que, même si la littératie financière contribue à certains progrès en matière d’épargne, elle ne puisse renverser à elle seule les autres obstacles systémiques.
Pour en apprendre davantage sur les formations offertes par le Fonds de solidarité FTQ ou en planifier pour ses employées et employés, visitez le site : Formation économique | Fonds FTQ.
[1] Une tontine est une forme d’épargne collective où des membres mettent de l’argent en commun sans passer par une banque, puis se le redistribuent selon des règles établies.
[2] Portrait statistique des femmes immigrantes au Québec, Institut de la statistique du Québec, février 2025.